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 [RP] Au comptoir d’Artémis, herboristerie

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galeswinthe

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PostSubject: [RP] Au comptoir d’Artémis, herboristerie   Thu Aug 12, 2010 4:18 am

[Une arrivée plus que discrète un soir à la brune]


Le teint pasle et les traits tirés, elle fixait le paysage qui défilait sous ses opalines bleutées sans toutefois n’en apercevoir la moindre perspective réaliste. Depuis combien de temps se tenait-elle ainsy, le dos roide, enveloppée de son manteau de tristesse et emmurée dans un silence si pesant que d’aucuns n’auraient voulu rompre sous peine de recevoir un regard pour le moins assassin.

La traversée de la manche s’était effectuée sans anicroche aucune. La mer pourtant déchainée ne l’avait point impressionnée, ce qui était fort étonnant pour un premier voyage, alors que la jeune femme se trouvait plus à l’aise sur le dos d’un cheval qu’une rame à la main sur les eaux plates de la Somme. Encapuchonnée, légèrement déséquilibrée par les remous des flots qui franchissaient d’un bond le pont, la passagère avait agrippé fortement de ses doigts graciles le bastingage du voilier qui avait levé l’ancre depuis Calais. Le vent soufflait et déposait sur son délicat minois un air salin qui picotait sa peau en s’insinuant par tous les pores de son cuir tendre. Le débarquement s’était fait à Douvres en début de soirée.

L’esprit embrumé, elle s’essayait à rassembler les pénibles souvenirs de ces dernières semaines : son séjour dans les geosles amienoises, la mort de Galerand et le retour inopiné du bel Auguste.
L’esquisse d’un doux sourire vint effleurer les lèvres fines de la blonde l’espace d’un court instant.

Galerand…

Une poussée lacrymale menaçait de déverser un flot contenu depuis trop longtemps. Un battement de cils contribua à mater l’embryon de révolte qui grondait dans ses grands yeux voilés. Voisin, ami, puis conseiller aux finances, le jeune homme avait toujours été à ses costés. Elle connaissait les sentiments qu’il lui avait portés et dont elle n’avait pu apporter réponse favorable tant la souffrance de son cœur brisé l’avait meurtrie et fragilisée.

Le regard de la jeune femme quitta un instant la lande angloise pour se fixer sur l’une de ses mains qui enserrait nerveusement le petit bijou que l’amiénois lui avait légué ; une broche qui avait appartenu à l’épouse de son père adoptif le dénommé Martin. Combien de fois s’étaient-ils chamaillés ? Elle ne les comptait plus. Pourtant cet homme avait des qualités exceptionnelles. Rigoureux, accueillant, il avait ce don de plaire à la gente féminine tant par sa courtoisie que son écoute, son humour et son abnégation. Elle reconnaissait son propre caractère peu facile. La blonde pouvait se montrer parfois intransigeante.

Elle étouffait à présent.

Une page de tournée et une vie qui commençait différemment par un exil vers Londres. Voilà ce en quoi dorénavant la jeune femme aspirait. Elle quittait sans une once de regret les carognes de ce royaume de France qui lui faisaient vergogne, royaume pour lequel elle avait tant donné. Les distances seraient-elles suffisantes ? La barrière de la langue ne se révélait point infranchissable. Elle s’adapterait il le faudrait.

Perdue dans les méandres de son esprit, Galeswinthe n’avait prester attention à l’immobilisation du carrosse sur les pavés de la vieille ville. Subrepticement, la voix du cocher venait d’interrompre le fil de ses pensées.


Madam you arrived.

C'est une jeune femme fresle et de petite taille au casque blond qui s’extirpa de la voiture lentement en prenant soin de soulever délicatement les jupons de sa précieuse toilette. Tandis que sa main plongeait dans le décolleté de son corsage, son regard vif détaillait la façade de la maison à colombage qui hébergeait en son sein, devanture sur la rue, le futur comptoir d’herboristerie.

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Gals "J'ai déposé mes rêves sous tes pieds. Marche doucement car tu marches sur mes rêves" W. B. Yeats
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galeswinthe

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PostSubject: Re: [RP] Au comptoir d’Artémis, herboristerie   Sun Sep 19, 2010 3:19 pm

Plusieurs semaines s'étaient écoulées depuis son arrivée à Londres. Galeswinthe n'était plus. La jeune femme qui se tenait assise dans le salon aux murs recouverts de tapisseries et aux poutres apparentes, avait quelque peu modifié son apparence et se nommait à présent Gabrielle Fremyn. Elle portait ainsy les nom et prénom de sa naissance; une identité enfouie dans un passé si lointain. Oui-dà il était temps d'affronter de nouveau les fantosmes et les souvenirs de sa prime jeunesse. Hagos n'était plus là pour la protéger mais la gamine de quatorze printemps avait bien grandi, était devenue une femme bien armée face aux dangers de la vie. Instinctive et intuitive, la françoise maintenant bien installée chez les anglois avait retrouvé toute sa sérénité.

Le visage tourné vers la porte fenestre entrouverte qui donnait sur le jardinet, Galeswinthe fixait un point sans vraiment le voir. Elle resvassait aux immenses pelouses et à la roseraie de son manoir situé en Picardie. De ses pétales de roses glacées au sucre, une gourmandise que Louison réussissait à merveille pour le plaisir de la damoiselle. Un frisson de plaisir parcourut son échine. La tenue légère qu'elle portait mettait sa jolie silhouette en valeur et découvrait effrontément ses fresles épaules à la peau d'albastre. Elle était arrivée sans bagage aucun et une nouvelle garde robe garnissait les étagères de ses armoires en noyer. Elle avait voulu protéger sa domesticité restée sur Amiens en la laissant dans l'ignorance de l'endroit où elle s'était échouée. Jean le frère de feu Louis, son homme à tout faire avait toutefois été mis dans la confidence et l'avait rejointe dernièrement.

Les travaux de l'herboristerie avait englouti ses maigres économies mais le résultat escompté dépassait largement ses espérances. Corbeilles remplies de fleurs, de feuilles, petits sachets de lin, flacons teintés nécessaires à la préparation des infusions, décoctions, macérations et autres préparations garnissaient le comptoir. Poudre, sirops et huiles s'alignaient en rang d'oignon sur les étagères du fond et s'exposaient au regard de la future clientèle. Un coin avait été aménagé pour que la jeune londonienne puisse préparer pommades, onguents et autres commandes passées.

Les prunelles bleutées qui s'étaient légèrement voilées avaient repris de leur vivacité. Son esprit avait cessé de vagabonder et Galeswinthe secoua énergiquement du chef. Elle repoussa sa chaise prestement et se leva, enjambant prudemment le sac à puces qui s'étalait de tout son long à ses pieds. Quelques pas vers la cheminée décorative sur laquelle trosnait un immense miroir. Un rapide coup d'œil vers le reflet renvoyé. Une grimace... l'envoi d'un baiser au bel Auguste... un geste de coquetterie pour replacer une mèche de cheveux colorée argentée qui avait remplacé la blondeur naturelle de la donzelle.


Hum...

Un petit tour sur elle-mesme. Un froncement élégant du nez et notre belle rejoignit à nouveau le petit bureau où l'attendait plume et vélins. La première lettre serait pour son bienaimé. Pourrait il comprendre que cet acte d'abandon était un acte d'amour. Lui pardonnerait-il un jour ? Les distances auraient elles raison de l'amour qu'ils se portaient l'un à l'autre. Autant de questions auxquelles elle ne voulait trouver réponse dans cet avenir incertain. Le marin faisait chavirer son cœur mesme au delà de la Manche c'était tout ce qui lui importait.

La vue légèrement troublée Galeswinthe émit un battement de cils aussi léger que le vol d'un papillon tandis qu'à main levée la plume déversait son flot d'écriture. Sa correspondance s'achèverait par une fin de non recevoir en réponse aux différentes missives que la chancelière avait adressées à la jeune femme sur le quartier Nord d'Amiens et que Jean lui avait transmises dès son arrivée.

Quelques brins de myosotis à l'adresse de son brun. Puis la lettre cachetée alla rejoindre les factures diverses et variées qui partiraient avec la première levée du courrier au petit matin.

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galeswinthe

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PostSubject: Re: [RP] Au comptoir d’Artémis, herboristerie   Sat Sep 25, 2010 10:08 am

[C'est une poupée qui fait nan nan nan...]


Le vélin à la calligraphie inconnue que Galeswinthe tenait dédaigneusement entre ses mains venait de France. Nonchalamment, la jeune femme l'avait dans un premier temps jeté dans sa corbeille à papier pour finalement se raviser, l'ouvrir, en parcourir les quelques lignes l'esquisse d'un sourir moqueur au coin des lèvres.


ANJHELY wrote:
Madame,
En tant que chancelière de France je vous informe que votre procès s'ouvrira mardi et que vous aurez jusqu'au lundi 20 septembre 1650 pour vous présentez vous où votre défendeur.

Reprenant l'affaire en tant que juge (quid du juge Jacques de Baudrenghien ?) et même si certains éléments me manque (les fonctionnaires ne sont plus ce qu'ils étaient), je sais que votre accusation porte sur le fait que vous avez soutenu un traitre à la couronne (un prevenu reste innocent tant qu'il n'a point été jugé; d'autre part le procès de Louis court toujours il me semble rho l'est longuet ce procès) mais en aucun ceci ne fait de vous une voleuse (elle est bien bonne celle là). Je souhaite un procès équitable et je puis vous assurer qu'aucun mal ne vous sera fait (tiens donc...).

Si afin que vous vous présentiez à votre procès, vous ayez besoin de cette assurance et bien sûre que je puisse avoir l'assurance que vous ne tenterez rien d'irréparable (voyons voir... me salir les mains en tentant d'étrangler les carognes screugneugneu...) je puis vous faire un laissez passer le temps du procès afin que vous restiez libre jusqu'a la fin du procès. (merci ma bonne dame de votre diligence)

J'aimerais que vous me donniez une réponse la plus rapide possible afin que je prennes mes dispositions. Quand à ce qui est d'une condamnation à mort je puis vous assurer vu les éléments en ma posséssion il n'en est point question sauf si l'on devait m'apporter des éléments qui me fasse penser que je puisse me tromper à votre sujet. Ma soeur a semble-til confiance en vous et je ne vois aucune raison de douter de ses dires. Mais pour l'instant, ce que je pense que vous avez agit de façon irréfléchit sans vraiment penser aux conséquences de vos actes, vous avez agit selon votre coeur et cela n'a jamais été un défaut mais parfois il vaut mieux écouter sa raison. (Quelle flagornerie que tout ceci)

Maintenant la décision vous appartiens. Mais je souhaite que vous preniez la bonne. Pour vous surtout. Et vous rendre serait faire aumoins preuve d'une volonté certaine d'accepter d'assumer votre prise de position de l'époque. Je ferais retirer également l'accusation d'évasion et de fuite à l'étranger. En tout cas, je ne vois aucune raison de vous condamner à la peine de mort en l'état des choses.

Je vous remercie d'avoir pris le temps de me lire et j'espère que j'aurais pu vous convaincre de vous rendre à votre procès.

Anjhely Falcone,
vicomtesse d'Olonne,
abbesse de Rouen,
Juge de Normandie,
Chancelière de France

Mouiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii

Décidemment le service de renseignement des françois était remarquable...

La jeune femme nota mentalement le cumul des postes occupés par la dame Falcone qui avait du se prostituer heu pardon se prosterner au pied de la duduche, épouse officielle d'un Roy de France insipide et manipulé comme tant d'autres d'ailleurs en ce bas royaume.



Quote :
Madame la juge,

Puisque c'est en tant que tel que vous m'adressez missive.

Je suis bien aise de savoir que mon procès s'ouvrira mardi. Sachez d'ores et déjà que je n'ai nulle intention de m'y rendre, ni de me faire représenter par qui que ce soit.

Vous avez raison sur un point je n'ai jamais profité de mes prérogatives de maire pour quelque abus que ce soit. Toutefois je ne peux entendre les accusations de traitrise que vous portez sur un mort qui ne peut se défendre. Je ne connais point la peur, ni celle de mourir. Je ne trouille point devant le Très Haut. Comment le pourrais je devant vous et tous ces perruqués qui me débecquent. La Justice ! Il n'y a pas de justice équitable en ce bas monde. Dois je vous l'apprendre. Vous un juge ?

D'ailleurs je suis très rancunière...

J'ai agi de façon pleinement réfléchi. Dussè-je réitérer mon acte pour mon ami Galerand qui a toujours œuvré pour le bien d'Amiens et j'assume cette responsabilité la teste haute. Et puis j'ai suffisamment payé de ma personne dans les geôles de la ville.

Respectueusement,

Galeswinthe


Addenda : je vous autorise à transmettre mon courrier à la carogne et à ses chienchiens ouaf ouaf !!!

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John O'Groats

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PostSubject: Re: [RP] Au comptoir d’Artémis, herboristerie   Mon Sep 27, 2010 12:23 pm

The guy was standing on the doorway. And that doorway, my boy, was quite a huge one ! All decorated with a canvas of intricated leaves, very convienent for an herbalist shop indeed. His eyes blinked in a futile attempt to make things out of the shadows waving inside the shop. Anyway, it was too late now to stale and John eventually stepped into this dangerous place.

By the way, he had been warned enough. Even the very man who charged him with this letter heavily insisted on the dangers a normal, even a brave guy, could have to face here. After some rumours following the recent and contested election of the Mayor of this unfortunate city, she was the Evil from France ! She was a sorceress, a seducer, a unforgiving blonde mermaid, a fierce blue eyed man eater, Lilith the Devourer of Souls reborn after the seaman John met in Eu, France, Normandy. She was known to be very found in brewing some devilish mixtures to poison you and, by her mere presence she was able to turn your brain into a white marmelade, your legs into jelly and your d..., well, you know what... into an hopelessly rigid staff.

All these informations sounded sorta weird, yes... but now that he was in the very lair of the Beast, John was feeling all but reassured.

He move on anyway and ended near a big counter covered with piles of cryptic stuff : bocals, papers, books, flowers, leaves. And all those things glimpsed at the poor John with some sadistic and implicit grin.


Hey, fook of !

said he on a whispering tone, and he hoped the shy sound of his voice would raise his declining courage when the decisive ordeal will come.

He coughed.


- kof kof, huuuuuuuuuuuuu..... Hey ! Any-fooking-body in there !?

Hey, man ! THAT was good. How audacious ! At the sound of his male voice The Thing Who Dwells Here will guess that he was not a man to threaten.

At least John freneticaly hoped She would guess...
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John O'Groats

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PostSubject: Re: [RP] Au comptoir d’Artémis, herboristerie   Sat Oct 02, 2010 3:48 am

John waited for some time. The shop was as quiet as a crypt. To the great relief of our man, no threatening creature showed. The backdoor, most certainly leading to the office, kept close. All was silent and peaceful. After a while, John began to wander between the bays. His eyes jumped from one label to another, randomly magnetized by the elegant curves of the scriptures. By the way, John was not litterate and all these letters almost looked like pagan carvings to him.

Anyway, nobody showed.


- Errr, all the best... grumbled he.

After all yes, he was certainly relieved but also kinda disapointed. He secretely hoped to obtain some money in exchange of the letter he had to deliver here to the Lady. No Lady, no coins ! That was basic and unforgiving arithmetic. But the fact is that he could not stay here for hours and, as John was somehow superstitious, the atmosphere of this place was giving him ants in the pants. Hence, he stepped back to the counter and there dropped the letter he was carrying. He went through his pockets and found the little purse coming with the message. John pulled it near the letter. Of course, he was aware that this purse contained a small ring finely crafted, set with a glowy white pearl. A valuable item for sure. He played a while with the idea of keeping the jewel for himself but... who knows what could happen then ? The man who had charged him with this message at Eu (Normandy, France) could find him later and this guy did not exactly looked like a pacific pilgrim. Moreover, the Witch Inside the Shop could curse him by thousands of devious ways. Hmmm, stealing the item looked like a foolish act after all.

But...

The hand of John grabbed a nice little delft jar which was waiting on the counter, just as a temptation. Small sized, full of fragrant dessicated leaves of... well, John did not know, but the smell was pleasant, could'nt be a poison for sure. If he had to get a bit lucky, he could at least gain a few coins selling this or that later. John began to move silently towards the doorstep with his modest but heartening loot. He feeled very proud after all : he eventually gained some benefit for the day and he smartly managed to avoid the danger. John discreetly opened the door. The rumours of the street flowed into the shop.

In his back, something moved in the darkness. Something rustled, something creaked. John's hairs raised, the man rushed out in great haste, almost wailing with despair and ran out of sight as fast as a galloping horse. The jar slipped out of his arms, tumbled and shattered on the dusty pavement, spilling around dry leaves and splintered pieces of delft. Only remained intact the elegant label showing its floral curves : 'Horse Chesnut / piles'.

In the now quiet again shop, a big placid cat (with no hat) sat on the flat counter. It looked at the fleeing man with nonchalant disdain.


- Meeow ? said the beast.

This was an insightful remark, as usual with cats.

Then, it began to consider the letter and the purse. Maybe it could play with them before humans come and seize this interesting couple of toys ?


Une lettre, une bague, trois grains de sable wrote:
Ma dame d'Outre-Manche,

J'ai reçu votre lettre, bien sûr, puisque je puis à présent vous adresser la mienne. Voilà que vous m'avez appris où guider mes pensées qui, vous cherchant dans cette nuit où vous aviez disparu, ne savaient où aller et battaient de l'aile en vain. Elles iront à présent à l'Ouest où court le soleil. Comment pouvais-je douter que c'était là que vous vous reposiez ?

J'ai fait le voyage à Eu, d'où je vous écris. J'y venais dans l'espoir d'obtenir le baptême ; l'Eglise, hélas, s'est transformée en une lourde bureaucratie où se perdent les hommes. Le baptême finalement m'a été (temporairement) refusé car ... on a perdu les clés de la salle de catéchisme. Que dire quand de telles raisons administratives s'imposent ainsi dans la conduite des âmes ? J'ai donc remis mon ambition à des jours meilleurs. Peu importe, au fond, je suivrai la voie de mon coeur qui est sans doute plus droite et se passe d'onctions.

La mer murmure sur la plage, le vent m'apporte l'odeur des landes où vous avez posé le pied. Je pourrai demeurer ici, interroger les bourrasques, guetter le goéland qui plane sur l'écume pour me porter de vos nouvelles. Mais j'ai une vieille affaire à finir, je dois quitter le rivage. Avant de disparaitre pour quelque temps, je voulais vous dire... tant de choses qu'il n'en tiendrait pas le centième sur cette page.

J'ai voulu ce baptême car il viendra un jour où nos chemins se croiseront encore. Il ne peut en aller autrement. Je vous ai tenu dans mes bras, j'ai vu vos yeux de près, j'ai bu la vie à vos lèvres, j'ai écouté votre voix, je vous ai regardée dormir. Mon corps et mon esprit vibrent encore de l'écho de ces instants heureux, il faudra bien que je revienne à leur source avant que de m'éteindre. Faute d'avoir obtenu le baptême, je ne puis officiellement demander mariage ou fiançailles, mais qu'importe. J'ai trouvé pour vous cet anneau, serti d'une perle laiteuse et fraîche comme l'écume de cette mer que vous avez mise entre nous. Passez la bague à votre doigt, la mouette et le nuage alors me porteront votre voix.

Gardez la aussi longtemps que vous ne m'aurez pas oublié. Le jour venu, je vous retrouverai et vous pourrez à votre choix me rendre cette bague ou... m'accorder votre main. Je crois à l'évidence de ces signes qui me disent sans trêve que vous êtes celle que je dois rejoindre, ma Femme depuis l'aube des temps, ma Dame Galeswinthe. Peut-être le savez-vous vous aussi ? Je m'en vais à présent, mes pensées demeurent auprès de vous. Partout où souffle le vent de mer, écoutez le vous dire que je vous aime et que je reste, dans la distance qui vibre, parmi les jours qui nous séparent mais s'amenuisent, fidèlement vôtre

A.
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galeswinthe

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PostSubject: Re: [RP] Au comptoir d’Artémis, herboristerie   Sat Oct 02, 2010 11:29 am

La réponse de la chancelière de France ne se fit point attendre mais l'acheminement du courrier vers l'Angleterre nécessitait quelques précautions histoire de brouiller les pistes qui conduiraient inopinément à la blonde fugitive. Une petite moue dubitative s'était affichée sur le joli minois de Galeswinthe en reconnaissant cette fois l'écriture de la Dame Anjhely. Négligemment la jeune femme décacheta le pli et en parcourut les quelques lignes.


ANJHELY wrote:
Bonjour Madame!

Je suis au regret de lire votre courrier.
Mon courrier n'avait seul but que de vous aider à faire le bon choix. (n'était elle point maistresse de ses choix ? Au royaume des aveugles les borgnes sont roys...)

Je ne puis concernant votre ami vous donner mon avis mais je ne crois point qu'il puisse être totalemnt innocent mais ce que je peux vous assurer c'est que son complice Louis Le Piratensera également mis en procès. Dans les plus brefs délais (Nous y croyons tous ! Un deux trois soleil... Louis vous avez bougé je vous ai vu !!!)

Je ne crois pas qu'avouer que vous seriez prête à réitérer votre acte alors que vous n'êtes coupable que d'avoir voulu soutenir votre ami me paraît déplacé.

Quand à ce qui est d'une justice équitable, c'est ce qui fait que je suis devenue ce que je suis afin que chacun puisse se défendre et est le droit à un procès juste. Mais comment peut on se plaindre d'avoir une justice qui n'est pas équitable si l'on ne peut soit même accepter d'assmr les conséquences de ses actes ou de ses paroles. (Mais j'assume Madame haut et fort et ma non présence à ce procès est simplement motivée par les températures frileuses de ce début d'automne)

Et si vous deviez avoir quelques griefs à avoir sur votre séjour lors de votre passage en prison et bien au lieu de vous en plaindre par courrier sans plus d'explication je ne vois comment je pourrais vous rendre justice. j'aimerais également connaître le temps que vous avez déjà effecté dans la prison d'Amiens. (Faut p't' estre reprendre le dossier ma bonne dame j'vais pas vous mascher tout vot' travail !)

en dernier lieu, je finirais mon courrier par ceci ! les relations entre l'Angleterre et le Royaume de France ont été rétablit ce qui signifie que nous sommes dans la possiblilité de vous faire extrader à la fin de votre procès. et je ne pense que vous souhaitiez être ramené manu militari en France. (Ahahahah)

J'espère que vous réfléchirez à ma proposition qui restera valable jusqu'au jeudi 23 septembre 1650.

Respectueusement

Anjhely Falcone,
vicomtesse d'Olonne,
abbesse de Rouen,
Juge de Normandie,
Chancelière de france

Amusée elle l'était. C'est donc en chantonnant qu'elle laissa courir sa plume sur le vélin d'une main assurée.

Quote :
Complice pour une histoire de choux ? La belle affaire !!!

Cessez vos balivernes Madame. Je n'en ai cure ! Une justice pour les nobles une autre pour les roturiers. Quand j'ai porté plainte à l'encontre de Whoopie Letellier elle n'a jamais abouti. Pourquoi ? parce que sa noblesse ne lui permet point d'estre traduite devant un tribunal voici les propos tenus par Monsieur de Nemours en personne. Seuls ses pairs pouvaient la juger. Autant vous dire que l'affaire est passée aux oubliettes.

Ne me parlez plus de cette Justice équitable !

J'assume pleinement la conséquence de mes actes et de mes paroles. Nul besoin de me rendre dans un tribunal pour en convenir.

Je ne saurais accorder foy à vos propos. D'ailleurs je pense qu'il s'agit d'un dialogue de sourds.

Usez et abusez de votre pouvoir Madame je n'en ai cure. Le chantage me donne la gerbe !

Respectueusement,

Galeswinthe


Addenda : Qu'est devenu le juge de Picardie ? Il a déja passé l'arme à gauche ? Hihihi

Concentrée sur sa correspondance Galeswinthe n'avait pas presté attention à la petite clochette de la porte d'entrée qui annonçait la présence d'une personne dans l'herboristerie. Adoncques sursauta t'elle lorsque les tonalités d'une voix masculine parvinrent à ses esgourdes.


Hey ! Any-fooking-body in there !?


Un anglois ! Comment pouvait-il en estre autrement ? Galeswinthe ma fille tu es chez les anglois icelieu !

Elle n'avait pas vraiment compris le sens des mots prononcés mais il lui sembla que le langage était peu conventionnel. Secouant ses épis argentés la jeune femme repoussa d'un geste brusque la chaise sur laquelle reposait son précieux fondement, s'avança vers la porte, grimaçant devant le miroir à qui mieux mieux, lissa sa toilette et dévala prudemment les escaliers...

… pour constater d'un œil méfiant que la pièce du bas était vide de toute présence si ce n'était celle du chat.

Déçue la françoise effectua quelques petits pas vers la rue levant avec grasce une main qui s'apprestait à caresser le sphinx étendu nonchalamment sur le comptoir de la boutique lorsque son geste subrepticement fut suspendu. Ses opalines claires venaient de se poser sur une petite bourse et une missive déposées aux pieds du félin comme le gardien d'un trésor.

La curiosité guida sa main.

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PostSubject: Re: [RP] Au comptoir d’Artémis, herboristerie   Mon Oct 04, 2010 8:20 am

Un léger pli barrant son joli front, elle décacheta la missive ne quittant pas du regard la petite bourse, la jeune femme ne pouvait deviner qu’il s’agissait là d’une lettre de son bel Auguste, adoncques lorsqu’elle parcourut les premiers mots écrits sur le vélin, porta-t-elle la main à sa bouche pour étouffer le cri de surprise qui menaçait de s’échapper de sa gorge. Les jambes flageolantes, les mains tremblantes, elle ne pouvait détacher ses yeux de l’écriture droite et serrée couchée sur le papier.

La première émotion passée, un doux sourire éclaira le minois de Galeswinthe. Quel homme étonnant que son marin ! Elle ne pouvait l’imaginer, sans une once de moquerie tendre, sagement assis, effectuer la préparation au baptesme nécessaire à leurs épousailles. Un défi en soi que l’homme s’était lancé. Que cherchait-il à lui prouver ? Ses sentiments n’en seraient point changés. Que nenni ! Il serait à jamais son essentiel…


Oui-dà mon tendre aimé, peu m’en chaut… Avons-nous besoin de faire alliance en prononçant nos vœux devant le Très Haut quand je vous fais promesse solennelle de mon amour, ma fidélité, mon aide et mon respect, et ce jusqu’à ce que la mort nous sépare ?

Une doulce chaleur envahissait et son corps et son asme. La françoise, ferma les yeux un court instant les mains jointes enserrant la missive tout contre son cœur. Elle poussa un tendre soupir ses opalines bleutées tristeusement tournées et perdues dans les méandres de la ruelle déserte. Un petit bruit sourd l’obligea à reprendre le fil de ses pensées et à tourner le visage vers le comptoir. Elle se pencha vers le sol pour ramasser l’écrin de velours que la patte du chat noir venait de pousser avec douceur dans le vide.

Disparaistre pour quelque temps… Le cœur de la jeune femme se serra et une douleur irradia toute sa poitrine. Nonobstant ses velléités de tout quitter et de rejoindre les bras de cet homme, elle poursuivit sa lecture. Mal lui en prit car elle ne put endiguer la poussée lacrymale qui inondait ses joues. Elle hoquetait à présent. A travers ses larmes, elle ouvrit les cordons de la petite bourse et dégagea l’anneau qu’elle glissa à son annulaire, symbole de leur union officieuse.

La voix brisée, Galeswinthe murmura.


Tout comme Pénélope attendant le retour d’Ulysse je garderai à jamais l’espoir de vous revoir…

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galeswinthe

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PostSubject: Re: [RP] Au comptoir d’Artémis, herboristerie   Sat Feb 12, 2011 10:03 am

[Royaume de France printemps 1649 en Forest d'Eu]


Le temps égrenait son long chapelet des heures monotones et pourtant la nuit fut enfin venue, enveloppant de son sombre et épais manteau les buissonades situés en ces terres normandes. Nuit sans lune. Nuit effrayante sous la froidure d'une nouvelle saison dont les prémices ne laissaient point augurer d'une nature renaissante. Au loin, cris sinistres, d'aucuns pouvaient reconnaistre les hululements d'une chouette hulotte, animal de mauvais augure, animal de malheur, symbole de la misère et de la mort, et par delà le concert des petits crapauds accoucheurs.

Terres détrempées par les pluies de ces dernières nuits où vint s'enliser une charrette ordinaire tiré par un cheval étique. La forest s'était tue tout à coup. Deux charretiers à la sale trogne, perdus au milieu de nulle part. Perdus ? Que nenni ! Les deux hommes, dont l'un était équipé d'une lampe à huile, avaient sauté lourdement à terre et discutaillaient sans crainte à l'heure où les villageois s'en étaient retournés chacun dans leur chacunière. Un vent s'était levé et s'immisçait dans les pans de leurs vestements amples aux couleurs du lapis niger. Les palabres avaient cessé et les deux hommes s'étaient déplacés sur le costé dextre de la charrette. La grosse paluche de l'un d'eux s'était refermée sur une pelle. Le second s'était alors hissé sur la roue faisant couiner l'essieu et osciller dangereusement la carriole, puis avait enjambé la petite rambarde.

A présent iceluy déchargeait promptement en produisant des rasles rauques, l'échine courbé sans aucune douceur les dizaines de sacs qui encombraient l'arrière du véhicule où son compère avait déposé la lampe qui jetait des lueurs intermittentes et lugubre à l'ensemble d'une scène ma foy déjà fort étrange. Sacs éventrés, marchandises à terre la charrette dévoilait petit à petit macabre découverte en son sein. Le corps d'un homme jeté négligemment en son travers. Le premier charretier s'immobilisa le souffle court et se pencha pour attraper le mort sous les aisselles puis le faisant glisser alors qu'il se retournait face à son acolyte il tira le corps sans vie violentement avant de le jeter à terre et de rejoindre son complice, à la silhouette étriquée, qui creusait bien péniblement.

Pelles jetées les deux hommes s'extirpèrent de la tombe et essuyèrent leurs mains terreuses sur leurs vieux oripeaux. Silencieusement ils se tournèrent vers le corps qui gisait à leurs pieds et d'un commun accord le firent rouler jusqu'à la fosse. Plusieurs heures s'étaient écoulées lorsque les deux hommes s'en étaient allés ne laissant que très peu de traces de leur passage si ce n'est la terre fraichement retournée et l'empreinte des roues de la charrette dans le sol. La vie s'éveillait à nouveau par un cri. Les hostes de ces bois avaient repris doucettement possession de la forest.

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PostSubject: Re: [RP] Au comptoir d’Artémis, herboristerie   Sat Mar 19, 2011 7:55 am

[Royaume de France quelques jours plus tard]


La froidure de l'hiver avait laissé la place à des températures plus doulces encourageant malheureusement grisaille et pluies sous le ciel de Normandie. Les sols étaient devenus boueux et les chemins impraticables.

Et pourtant, en cette fin de journée, le capitaine Galeswinthe avait enfourché son étalon et pris la direction de la forêt afin d'y effectuer une ronde de surveillance. En effet, des maraudeurs avaient été signalés dans la région; braconniers ou vils brigands ne pouvaient inopinément sévir en toute liberté icelieu. Membre de la maréchaussée, elle se devait de rassurer les villageois en chassant les coquins.

Chevauchant à brides abattues, la jeune femme appréciait ces instants où tous deux – elle et son étalon - ne faisaient plus qu'un, un seul corps à l'image de ces créatures mythologiques mi homme mi cheval, ce qui devenait plutôt rares depuis ses nouvelles fonctions.

Mère nature semblait endormie. Le printemps s'était installé depuis quelques jours seulement mais l'odeur du sol forestier, énorme compost alimenté en déchets organiques, était forte dans l'air et la blonde cavalière la respirait à grandes bouffées, les lèvres entrouvertes, le visage au vent. Ce même vent qui s'engouffrait dans les pans de sa cape virevoltant autour de ses frêles épaules. Le regard fixe de ses pupilles dilatées et l'oreille tendue, elle perçut alors quelques grognements suivis de couinements tandis que dans son champ de vision apparaissait l'hôte de ses bois. Un sanglier à quelques centaines de pieds, elle ralentit doucement l'allure de sa monture d'une pression des cuisses puis s'enfonça dans les sous bois sans perdre de vue l'animal. A l'aide de son butoir, le bout du museau, le sanglier fouillait présentement la terre, brisant les mottes à la recherche sans doute d'une truffe enfouie. Un vrai laboureur !

S'approchant avec prudence de la bestiole tout en guidant sa monture, le capitaine Galeswinthe finit par l'immobiliser en tirant sur ses rênes. D'un geste rassurant elle flatta son encolure et se laissa glisser à terre. Silencieusement elle s'arma de son fusil qu'elle épaula rapidement, fermant un œil, respiration retenue, elle visait le sanglier. Elle n'avait point droit à l'erreur. Elle ne pourrait recharger si il venait à la charger. Nonobstant la peur qui transperçait par tous les pores de sa peau, la jeune femme pressa le doigt sur la détente, le rythme de son cœur s'était accéléré et sur son visage figé seul le battement des veines sur ses tempes indiquait son agitation intérieure.



Relève ton butoir qu'on en finisse !


Comme si le sanglier l'avait entendu il cessa soudainement de fouiller la terre et se tourna vers icelle. A cet instant, les prunelles bleutées du capitaine furent attirées par le sol retourné. Son teint déjà si pâle devint diaphane. Reprenant ses esprits, elle déchargea son fusil en l'air et l'animal surpris détalla à toute vitesse en poussant des cris plaintifs.

Galeswinthe rangea son arme par dessus son épaule et avança droit devant elle. A ses pieds, il n'y avait point de truffe ! Un bien étrange spectacle s'offrait à sa vue. Ce qu'elle voyait était une main d'homme découverte entièrement portant étrange bague. S'accroupissant, elle entreprit de continuer le travail du sanglier. La terre était humide et le sol non gelé. La travail s'avérait certes salissant mais facilité en raison du changement de climat de ces derniers jours.

Cela ne lui prit point beaucoup de temps pour dégager toute cette terre mais le soleil se couchait, il fallait faire vite. Mains sales dégageant une mèche rebelle derrière son oreille, laissant des traces de boue sur son joli minois, elle frissonna en voyant le corps étendu là. Pour bien faire quelques gouttes de pluie commençaient à tomber, prémisses à la grosse averse qui ferait place. La blonde pesta en regardant de fait le cadavre bien propre. L'homme avait un trou à peine visible en plein cœur. Il était évident qu'il n'était pas mort dans la forêt, il n'y avait presque pas de sang séché.

Qui pouvait être cet homme ? Visage tendu par l'effort, elle essaya de le déplacer mais elle n'avait pas la force nécessaire.



Morbleu ! Si je laisse les choses en état, un animal se chargera d'en faire son repas.


Galeswinthe réfléchissait intensément. Il fallait qu'elle revienne icelieu avec son adjudant. Elle alla récupérer son carnet de dessin dans les fontes de son étalon et esquissa prestement au fusain divers croquis de l'homme, puis de l'endroit où elle l'avait découvert. Satisfaite, icelle fouilla les poches du mort, aucun papier d'identité sur lui. Prenant sa main, Gals fit glisser la bague de son doigt gonflé et la rangea dans une petite bourse de cuir sombre. Puis elle enterra de nouveau le moribond du mieux qu'elle put, se vautrant dans la boue, trempée maintenant jusqu'aux os et claquant des dents.


Demain je reviens, promis John Doe, je ne te laisserai point pourrir dans cette forêt.

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PostSubject: Re: [RP] Au comptoir d’Artémis, herboristerie   Sat Apr 30, 2011 8:45 am

[England à London ville située en Middlesex, de nos jours]


Allongée de toute sa petite taille sur une banquette de noyer recouverte de tapisserie aux petits points, Galeswinthe tenait en ses mains des esquisses jaunies représentant pour certaines le corps d'un moribond trouvé autrefoys en forest d'Eu, et la scène de sa découverte, pour d'autres une bague en façon de trèfle émaillée de blanc et de noir, sertie d'une grosse esmeraulde cabochonnée, d'une table de dyament et d'un cabochon de rubis*, une affaire passée figée à jamais dans le temps par quelques coups de fusain. Un bras passé sous sa nuque délicate, la londonienne aux yeux mi clos s'était projetée dans les vicissitudes de son passé lointain, coffre béant et rouleaux de parchemins jonchant le sol.

Elle était revenue le lendemain par matin à l'anjorner avec son adjudant pour soustraire le corps de sa sépulture naturelle, compléter un rapport à remettre à des autorités supérieures avant de confier le défunt à l'examen scrupuleux d'un médecin, puis à l'Église pour la toilette mortuaire et les derniers sacrements avant l'inhumation dans le cimetière communal. L'homme aux paupières dorénavant scellées semblait de confession pascale et d'un rang social élevé. Il portait belle vêture. Ses dents et ses ongles étaient soignés. De bien minces indices qui n'avaient pu malheureusement amener la jeune femme, capitaine de maréchaussée, à retrouver l'identité de John Doe et les circonstances qui l'avaient conduit à sa mort.

Aucune disparition n'avait été signalée à cette époque, ni en Normandie ni dans le royaume et le crime, puisque tel était, demeurait impuni. Galeswinthe pourtant avait gardé quelque part dans les méandres de ses pensées cette affaire sordide dont elle espérait un biau jour en dénouer le fil. D'une main nonchalante, elle laissa glisser les esquisses qui churent à terre dans un bruissement de feuilles agitées par le vent. Le regard tourné vers le plafond, elle semblait fixer un point invisible, caressant de sa dextre l'anneau d'or serti d'une perle laiteuse et fraiche comme l'écume de cette mer qu'elle avait mis entre elle et le marin.

Un profond soupir s'échappa des lèvres fine de la blonde. Depuis cette dernière missive qui datait d'octobre et qui l'avait laissée en grand émeuvement, elle était sans nouvelles aucunes de son Auguste. Les mois s'étaient égrenés lentement comme un chapelet de tristesse, les prunelles bleutées s'étaient teintées de mélancolie, la solitude lui pesait sur cette terre d'asile où l'angloys était roy. Parfois, à la lueur des chandelles de l'auberge provinciale, Galeswinthe avait pu partager un verre avec quelques françoys expatriés, échoués outremanche. Icelieu, elle demeurait une inconnue, belle personne pourvue de jolies manières, sachant manier le verbe et la plume et dotée d'un esprit (non non chers lecteurs la modestie ne m'étouffe pas).

Rassurée de se savoir ainsy en sécurité sur son isle à demeure, Galeswinthe ne cachait plus la masse de ses cheveux blonds sous un casque argenté, ni même son identité. Elle s'était réfugiée en Angleterre pour trouver la quiétude et l'apaisement de son âme et avait fait montre de discrétion jusqu'à maintenant. Le temps passé, elle avait chassé de son esprit les carognes françoyses et s'était libérée des dernières entraves qui la reliaient encore à Amiens. La belle saison du printemps s'était annoncée chaude et ensoleillée. La jeune femme avait quitté ses robes sombres trop couvertes aux tissus épais pour du lin, plus léger, assumant décolletés et bas de soie colorée.

Un soir, à la brune alors que les bûches entretenaient une dernière flambée, un voyageur avait passé le pas de la porte de l'auberge où Galeswinthe se trouvait, absorbée par la prose du petit livre qu'elle tenait entre ses doigts fins. Il s'était avancé dans la pièce et l'avait saluée avec politesse, faisant montre de bienséance. La jeune femme agréablement surprise, avait relevé le menton et son regard avait croisé celuy de Joseph Balsamo, puisque tel était son nom...



*description empruntée dans un inventaire des joyaux d'Agnès de Savoie, femme de François 1er, dressé en 1493.

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[RP] Au comptoir d’Artémis, herboristerie
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